Trois méthodes proposées par un agronome congolais pour lutter contre la chenille légionnaire
Cameroun, Congo, Nigéria… De nombreux agriculteurs ont vu leurs champs ravagés par cette chenille qui attaque les plantations de maïs, de mil, de sorgho, de riz ou encore de blé.
La chenille légionnaire d’automne a été vue pour la première fois en Afrique, au Nigéria, en janvier 2016. De son nom scientifique Spodoptera frugiperda, elle se nourrit principalement de maïs mais elle peut se nourrir également de centaines d’autres plantes dont le mil, le sorgho, le riz, le blé, la canne à sucre, le niébé, les arachides, les pommes de terre, le soja et le coton.
« On ne savait rien »
Les agriculteurs congolais ne connaissaient pas cette chenille et ses effets ravageurs. Munyaneza Baziruya, un agriculteur de Byahi à huit kilomètres de la ville de Goma à l'Est de la République Démocratique du Congo en a fait l’amère expérience: « on ne savait rien de la chenille, on voyait seulement qu'au deuxième stade de germination du maïs, les feuilles se déchiraient. »
C'est d'ailleurs l'un des signes qui peuvent indiquer à un agriculteur que son champ est déjà attaqué par le spodoptera frugipeda, comme l’explique Cornelius Sylla Visseso, un ingénieur agronome.
« On se rend compte que son champ est déjà atteint par la chenille légionnaire quand quelques feuilles de son plant de maïs commencent à être déchirées. Mais aussi dans les aisselles des feuilles on trouve une matière noire et une matière grisâtre. Ces matières sont les excréments de la chenille », détaille le coordinateur de l'association nommée Réseau d'ingénieurs agronomes pour l'agriculture du Kivu.
L’expert propose trois méthodes qui pallient ce fléau:
- Etant donné que la chenille pond ses œufs dans le sol, on conseille les agriculteurs à faire une bonne préparation du sol, en procédant par un labour intense et profond pour détruire les œufs et les larves de la chenille.
- Il est conseillé de faire des rondes phytosanitaires pour observer les cultures déjà affectées. Une fois que vous trouvez ces cultures affectées, on doit les arracher et les brûler très loin du champ. C'est une façon d’éloigner les effets dévastateurs de la chenille légionnaire.
- La troisième méthode est couramment utilisée. C’est celle de l'utilisation des insecticides. Quand on constate que ses plants sont déjà attaqués par la chenille, on est conseillé à pulvériser son champ à l'aide des insecticides,pour tuer les larves de la chenille.
Les deux premières méthodes sont préventives et moins coûteuses que la dernière.
Les agriculteurs qui ont mis en pratique ces trois méthodes témoignent que ces pratiques sont efficaces. Munyaneza Baziruya, l’agriculteur cité plus haut déclare: « Depuis que j'ai mis en pratique ces méthodes, mes [plants de] maïs ne sont plus ravagés par la chenille légionnaire. »
Zanem Nety Zaidi