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Cameroun : « 70% des cultivateurs de banane-plantain ont des exploitations inférieures à 2 hectares »

Cameroun : « 70% des cultivateurs de banane-plantain ont des exploitations inférieures à 2 hectares »
  • 18-Nov-2017 12:32:00

Avec trois millions de tonnes de plantain et 300 000 tonnes de banane produites chaque année, la filière peine à décoller.

 

Alain Fonin, chef de la division de la Coopération et de l’appui au développement du Centre africain de recherches sur Bananiers et plantains explique les raisons et donne des pistes de solution.

 

Au Cameroun, la banane et le plantain sont parmi les aliments les plus consommés. Pourtant, la filière peine à décoller. Qu’est-ce qui fait problème ?

 

Les principales contraintes de la filière plantain au Cameroun sont les suivantes : le faible accès aux semences en quantité et qualité ; le faible niveau de maîtrise des itinéraires techniques ; le faible niveau de production de matière première pour la transformation ; l’absence de l’utilisation des systèmes d’irrigation pour garantir la production en contre saison et garantir la régularité des produits sur le marché; la menace des maladies émergentes ; le faible niveau d’organisation et de structuration de la filière ; l’accès aux crédits limité ; l’absence de label de commercialisation et l’absence d’infrastructure de conservation et de transport qui causent des pertes post récolte dans l’ordre de 20 à 40% .

 

Deux grands groupes monopolisent la filière banane qu’ils exportent à majorité. Quel rôle jouent les petits producteurs ?

 

Le marché de la banane dessert d’exportation au Cameroun est bien de type oligopolistique sans barrière à l’entrée fixée par l’Etat. Au-delà de PHP et CDC, nous avons BOH Plantations qui est une entreprise privée à capitaux Camerounais exportatrice de banane dessert. 

 

La présence de grands groupes se justifie par le fait qu’il y a des facteurs de compétences clés et de compétitivité qui doivent être réunis pour réussir dans ce secteur qui est soumis à une très forte concurrence des pays de l’Amérique latine. Ces entreprises génèrent 12 000 emplois directs et 36 000 emplois indirects. 

 

Les petits producteurs sont essentiellement focalisés sur des petites et moyennes exploitations familiales pour l’autoconsommation et le marché local.

 

Quelles sont les difficultés rencontrées par les petits producteurs de banane-plantain ?

 

70% des cultivateurs de banane plantain ont des exploitations inférieures à 2 hectares et sont soumis aux contraintes que j’ai citées plus haut. L’absence de professionnalisme sur l’ensemble de la chaîne (semenciers, planteurs, commerçants) et de normes standard soutenues par une régulation adéquate ne leur permet pas de proposer des produits de bonne qualité, au bon moment, à la bonne place et à un prix attractif pour les consommateurs. 

 

Ces derniers se tournent par conséquent vers des aliments qui sont plus accessibles et avec une valeur nutritionnelle nettement inférieure.

 

Quels sont les types de bananes et plantains produits?

 

Les bananes dessert d’exportation produites par les plantations industrielles sont de type Cavendish (variétés Grande naine et williams). 

 

Au niveau des petites et moyennes exploitations familiales, on retrouve principalement le Gros Michel, le four corners (Ouest Cameroun), la West Indian Banana (Ouest Cameroun) et la figue sucrée qui se vend dans les supermarchés et à l’exportation sur des marchés de niche.

 

Quelle quantité de banane-plantain est produite chaque année au Cameroun ? 

 

Au Cameroun nous avons une production annuelle d’environ 3 millions de tonnes de plantain avec une position de huitième au niveau mondial et 300 000 tonnes de banane dessert d’exportation qui nous place au cinquième rang mondial sur le marché Européen. 

 

Dans ce contexte, que faire pour développer la filière ? 

 

Nous souhaitons voir la filière plantain émerger avec un impact significatif sur le revenu des acteurs. La mise sur pied d’un label rigoureux de commercialisation du plantain devrait contraindre tous les acteurs à s’aligner sur les standards les plus exigeants en mettant les consommateurs au centre de leurs préoccupations. 

 

Ceci, sachant que la valorisation de cette culture produite localement est une alternative très crédible à l’importation de denrées qui contribuent au déséquilibre des balances commerciales de nos Etats. 

 

Propos recueillis par Théophile Minlo

 

 

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