RDC: 20 ans de réussite dans le maraîchage
Mère de huit enfants, Béatrice Semahane fait vivre sa famille grâce à ses cinq champs situés dans la cité de Kibumba dans l’est de la République démocratique du Congo.
Il est 8 heures temps universel, 10 heures de Goma, ville logée dans la province du nord Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) lorsque Béatrice Semahane, 38 ans, nous reçoit dans l’un de ses champs dans le village de Kibumba. La localité est située à plus de 50 kilomètres de la ville de Goma d’où nous venons.
Seule dans son champ, Beatrice est en plein exercice de binage de sa pépinière contenant des jeunes semis de choux. « Je revenais d’un autre champ loin d’ici quand subitement je me suis rendue compte que des mauvaises herbes envahissent gravement mes jeunes plants de choux. Je dois les repiquer d’ici une semaine », explique-t-elle, toute souriante.
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Tout près de cette pépinière, se situe un autre champ très étendu réservé à la pomme de terre dans lequel la jeune agricultrice pompe régulièrement de l’insecticide. Après quelques minutes de binage, elle passe au pompage.
Bien que de nombreux agriculteurs de son village pratiquent plusieurs cultures, Béatrice a préféré se spécialiser en choux et pomme de terre.
Après ses années d'expérience, elle dit ne rien trouver d’autre à faire mieux que l’agriculture maraîchère. C’est la seule activité qui lui permet d’épauler son conjoint, conducteur de mototaxi, dans la prise en charge de leurs 8 enfants.
Gain et difficultés
Béatrice possède cinq champs de 200 mètres carrés environ. Bien qu’elle ne fasse pas partie des plus grands propriétaires terriens de sa région, elle compte néanmoins parmi ceux qui ont réussi grâce à l'agriculture maraîchère. Raison pour laquelle elle a été élue à la tête d’une association des femmes agricultrices du village de Kibumba depuis deux ans.
« Je parviens à prêcher par mon exemple. J’ai toujours appelé les femmes de ma contrée à l’amour du travail, c’est le seul et unique secret pour promouvoir l’émancipation féminine », ajoute Béatrice qui a d’ailleurs contribué « considérablement » au financement de la construction de leur nouvelle habitation familiale, une maison en dur.
L’une des réalisations pour lesquelles elle se dit satisfaite en plus du financement de la scolarité de leurs enfants dont l'aîné étudie à l’université de la ville de Goma.
Et Béatrice n’hésite pas à livrer le secret de sa réussite. « Dans chacun de mes champs, si tout va bien, je peux encaisser 100 dollars américains. Tu vois ce champ de pommes de terre par exemple. Après y avoir investi 5 sacs de semences, ça peut me rapporter 35 à 40 sacs équivalents à 100 ou 120 dollars américains au niveau du marché local », confie-t-elle.
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Ces activités maraichères que pratique Beatrice ne sont pas sans difficultés. Tout comme elle, quasiment tous les agriculteurs maraîchers de la place sont confrontés à de nombreux problèmes dont le faible taux d’achat au niveau local. Ils sont parfois obligés de vendre moins cher afin d’écouler leurs produits périssables, ce qui freine leur développement.
Sammy Mupfuni
Image de bannière: EdwinAlden.1995 via Wikimedia Commons.